Mad Max au volant d’un buggy piégé, vu du dessus, sur un circuit jonché d’explosifs. C’est Badlands. Le jeu sort en arcade chez Atari en 1989, et Domark assure le portage sur ordinateurs 16 bits en 1990. La promesse est simple et radicale : faire la course et tuer les autres. Dans cet ordre ou simultanément, peu importe.

J’ai découvert Badlands dans une salle d’arcade, sur la machine twin-cabinet qui permettait de jouer en face à face. La version ST n’a pas ce luxe — mais le principe reste intact, et c’est ce qui compte.

Le gameplay : course et destruction en temps réel

La vue est aérienne, à 90 degrés. Vous pilotez une voiture blindée sur des circuits circulaires, avec des power-ups éparpillés partout : tirs, missiles, mines, turbo. Objectif ? Finir le tour en premier, évidemment — mais aussi détruire suffisamment de véhicules adverses pour marquer des points. La destruction n’est pas optionnelle : c’est le cœur du jeu.

Le système de contrôle mérite attention. Sur Atari ST, avec un joystick, la direction de votre voiture suit la position du stick : poussez à droite, vous tournez à droite. C’est simple à expliquer, étrange à maîtriser. La physique de glissement est exagérée à dessein — les véhicules dérapent, heurtent les murs, rebondissent. Une fois qu’on a intégré ce comportement, les parties deviennent beaucoup plus fluides. Avant ça, c’est une longue série de collisions involontaires.

En mode deux joueurs simultanés, Badlands révèle son vrai visage. Les deux voitures sur le même écran, les power-ups disputés, les missiles tirés dans le dos de l’autre au dernier virage — c’est là que le jeu vit vraiment. En solo contre l’IA, le résultat est correct mais moins exaltant.

Badlands – Atari ST — chaîne AtariGreenlog

Les graphismes : esthétique Mad Max bien rendue

Domark a fait un travail honnête sur la partie visuelle. Les circuits sont reconnaissables, avec leurs décors post-apocalyptiques — carcasses de voitures, barbelés, étendues désertiques. Les sprites des véhicules sont petits mais lisibles, et les explosions ont ce petit côté satisfaisant indispensable à ce type de jeu.

La palette ST est bien utilisée : des couleurs sableuses et rouillées qui collent parfaitement à l’esthétique. Pas de miracle graphique — le jeu ne cherche pas à impressionner sur ce plan — mais rien qui gêne le gameplay non plus. C’est fonctionnel et cohérent.

Ce qui fonctionne, ce qui coince

Ce qui fonctionne bien : la vitesse, le chaos, le plaisir immédiat en multijoueur. Ce qui coince : la physique demande un temps d’adaptation, l’IA en solo n’est pas très maligne, et les circuits se ressemblent un peu trop après quelques parties. Badlands est un jeu de session courte et répétée, pas une expérience narrative.

Il faut aussi noter que le jeu est court — peu de circuits différents. Ça fait partie du cahier des charges arcade, mais sur ordinateur personnel, on aurait aimé un peu plus de contenu pour prolonger la durée de vie.

Sa place dans le catalogue ST

En 1990, le marché des jeux de course sur Atari ST était dominé par des simulations (Lombard RAC Rally, Stunt Car Racer) ou des arcade purs (Turbo Cup). Badlands occupait une niche : le jeu de combat-course vue du dessus. C’était relativement unique sur la machine. Si vous cherchez cet angle-là, il n’y avait pas beaucoup d’alternatives de cette qualité. À comparer avec Leaderboard Golf qui représente le registre opposé : score, patience, précision.

Conclusion

Badlands sur Atari ST est un bon port d’un jeu d’arcade efficace. Il ne révolutionne rien, ne prétend pas le faire. Il fait ce qu’il annonce : vous met au volant d’un buggy armé sur des circuits dévastés, et vous laisse vous débrouiller. En multijoueur, c’est du plaisir pur. En solo, c’est correct sans être mémorable. Pour un amateur de jeux de course atypiques des années 90, ça vaut le détour.

Fiche complète : MobyGames | AtariMania