Baal Atari ST - gameplay screenshot
Rétrogaming Atari ST

Baal sur Atari ST : descente en enfer en 1988

N°211 · 07 Mai 2026 · greenlog

Il y a des jeux qui restent gravés. Pas forcément parce qu’ils étaient révolutionnaires — mais parce qu’ils dégageaient quelque chose. Une atmosphère. Une musique qui te colle à la peau. Baal sur Atari ST, c’est exactement ça. Je me souviens encore de cette première descente en enfer, laser en main, à me demander si j’allais survivre deux minutes. Spoiler : non. Mais j’y suis retourné. Et encore. Et encore.

Baal, c’est quoi exactement ?

Sorti en 1988 par Psygnosis — les mêmes fous qui allaient nous pondre Lemmings quelques années plus tard —, Baal est un shoot’em up à défilement multidirectionnel. Tu incarnes le Time Warrior, un combattant envoyé dans les profondeurs de l’enfer pour récupérer des composants d’arme volés par Baal, démon de première catégorie. L’ambiance est glauque, sombre, et franchement très réussie pour l’époque.

Le gameplay mélange action et réflexion. Ton laser dispose de quatre modes différents, sélectionnables à la volée. Les générateurs ennemis créent des barrières d’énergie que tu dois désactiver dans le bon ordre. La gestion des munitions te force à planifier tes déplacements. Et la progression dans les niveaux, labyrinthique, t’oblige à mémoriser les chemins — ou à mourir bêtement dans un couloir déjà traversé vingt fois. Ce n’est pas du bourrinisme pur : il y a une vraie logique, une vraie structure. En 1988, c’était pas si courant.

La difficulté est costaud. Mais — chose rare pour l’époque — Baal intègre une fonctionnalité de sauvegarde. Tu peux sauver ta progression. J’insiste parce que ça change tout : ça transforme une expérience potentiellement frustrante en quelque chose de gérable. Psygnosis avait compris que les joueurs n’avaient pas forcément six heures devant eux chaque soir.

Baal – Atari ST (1988) — chaîne AtariGreenlog

L’histoire derrière Baal

Psygnosis, c’était un studio de Liverpool qui avait une réputation bien établie : des jeux beaux, ambitieux, parfois frustrants à en pleurer. Fondé en 1984, le studio allait devenir l’un des plus importants de la scène Amiga/Atari avant d’être racheté par Sony en 1993. Baal s’inscrit dans cette période dorée.

Le développement a été piloté par Chris Warren pour la programmation, avec des graphismes de Jeff Bramfitt et Melvyn Grant — deux noms qui reviennent régulièrement dans les credits Psygnosis de l’époque. Mais ce qui me frappe encore, c’est la bande-son de Paul Dunning. Sérieusement, la musique de Baal sur ST est l’une des plus marquantes de toute la bibliothèque. Dunning a utilisé le chip YM2149 de manière remarquable — cette puce que beaucoup sous-estimaient face à la Paula de l’Amiga. Il en tire une atmosphère démoniaque, pesante, qui colle parfaitement à l’univers du jeu.

ACE lui a attribué 726/1000 sur Atari ST — un score honnête. The Games Machine oscillait entre 65 et 81 selon les versions. Les critiques soulignaient unanimement la qualité de l’ambiance et du système de sauvegarde. Quelques réserves sur la difficulté, toujours. Mais globalement, un accueil favorable.

La pochette mérite aussi qu’on s’y arrête : signée Roger Dean pour le logo (oui, le même Roger Dean que les pochettes de Yes) et Paul Dunning pour l’illustration. Ce genre de soin apporté au packaging, c’était la marque de fabrique Psygnosis. Tu achetais une boîte qui en mettait plein les yeux avant même d’insérer la disquette.

Atari ST vs Amiga : le débat éternel

Baal, c’est aussi un bon exemple du débat ST/Amiga de l’époque. L’Amiga avait techniquement un léger avantage sonore grâce à sa puce Paula et ses quatre canaux PCM. Mais sur ST, Paul Dunning fait des merveilles avec le YM2149 — il y a une énergie brute, presque industrielle, dans cette version. Les graphismes sont quasi identiques entre les deux machines. Les différences tiennent à des détails — quelques couleurs ici, une animation là.

Bref, si tu avais un ST à l’époque, tu n’avais franchement aucune raison de pleurer. Le jeu a aussi été porté sur PC DOS (par Tim Ansell et The Creative Assembly, soit dit en passant — oui, le futur studio de Total War) et sur Commodore 64 par Probe Software. La version DOS, on va rester diplomate : c’était 1988 et les PC n’étaient pas exactement des machines de gaming. On pardonne.

Pourquoi y rejouer aujourd’hui ?

Baal reste étonnamment accessible en 2024. La difficulté est réelle — ne te plains pas, tu es prévenu — mais la sauvegarde intégrée rend l’expérience bien moins punitive qu’un Ghost’n Goblins ou qu’un R-Type. Via émulateur Steem SSE ou Hatari, tu es en train de jouer en cinq minutes chrono. Les deux sont gratuits, fonctionnent impeccablement sur Windows/Mac/Linux.

L’ambiance tient encore bien la route. Les sprites sont petits mais lisibles. La musique, encore plus. C’est le genre de jeu court (comptez deux à quatre heures pour le finir) qui se replonge facilement le temps d’une soirée nostalgique. Et franchement, il mérite mieux que d’être oublié dans les archives.

📄 Fiche complète, ROM et solution : Baal sur Atari Greenlog

Conclusion

Baal, c’est un jeu de 1988 qui sent bon le soufre et le talent. Psygnosis avait cette capacité à créer des univers immersifs avec trois fois rien de pixels et une poignée de canaux sonores. La sauvegarde, le gameplay en couches, l’ambiance — tout ça s’emboîte proprement. Ce n’est pas le meilleur jeu de la bibliothèque ST, mais c’est un titre qui mérite d’être connu, testé, et respecté.

Si tu n’as jamais essayé, lance l’émulateur et descends en enfer. Et abonne-toi à la chaîne AtariGreenlog — 307 vidéos de gameplay Atari ST t’attendent là-bas.