The Running Man Atari ST - gameplay screenshot
Rétrogaming Atari ST

The Running Man sur Atari ST (1989) : Schwarzy en pixels

N°214 · 08 Mai 2026 · greenlog

1989. Arnold Schwarzenegger domine les écrans depuis The Running Man — un film de SF dystopique où un flic innocent se retrouve propulsé dans une émission de télé-réalité mortelle. Forcément, les éditeurs de jeux ont flairé le filon. Grandslam Entertainment et Emerald Software ont tenté l’adaptation sur Atari ST. Et là… c’est compliqué. C’est honnête de le dire d’emblée. Mais c’est intéressant quand même — et je vais t’expliquer pourquoi.

Le concept : sur le papier, ça envoie du rêve

Tu incarnes Ben Richards — alias Schwarzenegger —, propulsé dans « The Running Man », cette émission de 2019 Los Angeles où des chasseurs musclés et armés jusqu’aux dents cherchent à t’éliminer en direct. Le principe du film est fort. La tension dramatique est là. Et l’intro digitalisée du jeu — avec des images directement tirées du film — était franchement impressionnante pour 1989. Elle posait l’ambiance comme il faut.

Le jeu s’étale sur cinq niveaux. Quatre « Stalkers » t’attendent : Subzero (armé d’un bâton de hockey tranchant), Buzzsaw (tronçonneuse géante), Dynamo (attaques électriques), Fireball (le pyromane). Et en boss final, Damon Killian, le présentateur de l’émission. Entre chaque niveau, un mini-jeu de puzzle : reconstituer une image en morceaux. Si tu réussis, tu repars avec l’énergie pleine. C’est une bonne idée rythmique — une respiration entre deux confrontations.

The Running Man – Atari ST (1989) — chaîne AtariGreenlog

La réalité du gameplay : moins glorieux

Soyons honnêtes — c’est ce qu’on fait ici. Les contrôles sont lourds. Le personnage répond avec une latence qui t’agacera rapidement. Ben Richards rampe, court, frappe — mais toutes ces actions ont une imprécision qui rend les combats plus subis que maîtrisés. Les niveaux se ressemblent visuellement, et la répétitivité s’installe au troisième stage.

Emerald Software n’était pas un studio de premier plan, et ça se ressent dans la finition. Les collisions sont approximatives. La hitbox du personnage est généreuse — dans le mauvais sens du terme. Et les chiens qui déboulent entre les niveaux pour te faire perdre de l’énergie, c’est plus irritant que challenging.

Ben Daglish a signé la musique — lui, c’est du solide, un nom bien connu des amateurs de C64 et Amiga pour ses compositions atmosphériques. Mais même une bonne bande-son ne sauve pas un gameplay approximatif. C’est dommage.

Le destin des jeux de licence des années 80

The Running Man, c’est un cas d’école de la jeu de licence sous pression. Le film sort en 1987, il cartonne. L’éditeur rachète les droits en urgence. Le développeur a entre six et douze mois pour livrer quelque chose. Résultat quasi systématique : une présentation soignée pour justifier la licence, et un gameplay insuffisamment peaufiné.

La même chose s’est produite avec RoboCop, Total Recall, Terminator 2 — autant d’adaptations qui promettaient monts et merveilles et livraient des expériences en demi-teinte. The Running Man s’inscrit dans cette lignée. Ce n’est pas une catastrophe — Your Sinclair lui a décerné un « YS Megagame », ce qui montre que les avis étaient divisés — mais c’est clairement en dessous du potentiel du concept.

Le jeu est sorti simultanément sur Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, C64 et ZX Spectrum. La version ST n’est pas la meilleure ni la moins bonne de la série — elle souffre des mêmes problèmes fondamentaux de conception.

Pourquoi y jouer quand même ?

Par curiosité historique, franchement. The Running Man reste un document d’époque fascinant : voir comment les studios transformaient (ou rataient) les adaptations ciné en jeux vidéo, c’est instructif sur la réalité de l’industrie à l’époque. L’intro digitalisée mérite le coup d’œil — c’était techniquement impressionnant pour un Atari ST en 1989. Et les fans du film trouveront un certain plaisir à retrouver les Stalkers et l’univers, même imparfaitement rendu.

Via Steem SSE ou Hatari, c’est une expérience de vingt minutes. Pas plus. Mais ces vingt minutes ont leur charme nostalgique — et leur valeur de témoignage.

📄 Fiche complète, ROM et solution : The Running Man sur Atari Greenlog

Conclusion

The Running Man sur Atari ST, c’est le parfait exemple du jeu de licence ambitieux mais inachevé. Une belle intro, une musique correcte de Ben Daglish, et un gameplay qui ne tient pas ses promesses. Mais faire partie de la bibliothèque Atari ST 1989, avoir été acheté et joué par des milliers de gamers de l’époque — c’est déjà quelque chose. Un morceau de l’histoire du jeu vidéo.

Regarde la vidéo sur la chaîne AtariGreenlog et dis-moi si tu aurais tenu jusqu’au boss final. Moi, j’ai mes doutes.