System 3. Ce nom seul suffit à faire monter la pression artérielle des rétrogamers d’un certain âge. La série Last Ninja est l’une des plus cultes de l’histoire du jeu vidéo européen, et le deuxième épisode — Last Ninja 2 — est souvent cité comme le sommet de la trilogie. Passer du Japon féodal du premier opus à New York City pour ce second volet, c’était un pari audacieux. Et franchement ? Ça fonctionne à merveille.
Last Ninja 2 : Armakuni dans la jungle urbaine
Last Ninja 2 reprend exactement là où le premier s’était arrêté, en projection isométrique avec la même jouabilité hybride action/aventure. Armakuni, notre ninja, se retrouve projeté dans le New York des années 80 par la magie noire du shogun Kunitoki. Ce mélange d’époque médiévale japonaise et de métropole américaine contemporaine aurait pu paraître grotesque — c’est au contraire ce qui rend le jeu inoubliable.
Le gameplay vous demande de naviguer dans des environnements riches en obstacles, d’éliminer les gardes au corps à corps ou avec vos armes de ninja, et de collecter des objets indispensables à la progression. Les commandes isométriques sont précises une fois maîtrisées — et il faut du temps pour les maîtriser, je ne vais pas vous mentir. J’ai eu ma période « pourquoi mon ninja ne va pas dans la bonne direction » qui a duré un bon moment.
Ce qui frappe encore aujourd’hui, c’est la richesse visuelle. Les décors de New York — le parc, les égouts, l’immeuble en construction, le commissariat — sont superbement dessinés, avec un soin du détail qui était rare pour l’époque. Chaque écran est presque une œuvre d’art en pixel art. La bande son, composée par Matt Gray, est excellente — atmosphérique, rythmée, parfaitement adaptée à l’ambiance.
System 3 et la création d’une légende
System 3 était un éditeur britannique fondé en 1982, d’abord spécialisé sur les machines 8 bits. The Last Ninja, sorti en 1987 sur Commodore 64, est devenu l’un des jeux les plus vendus de la plateforme — et pour cause, c’était une révolution ludique et technique. Le moteur isométrique de System 3 était impressionnant, et la suite l’a encore amélioré.
La version Atari ST est une adaptation de qualité du jeu C64 original, avec des graphismes revus pour tirer parti de la résolution supérieure. Le résultat est visuellement plus riche que sur C64, même si les puristes débattent encore pour savoir si la magie musicale du SID chip de Commodore est réellement compensée par les capacités sonores de l’Atari. Personnellement, j’aime les deux versions différemment.
System 3 a connu par la suite des hauts et des bas — ils ont survécu jusqu’à l’ère moderne avec des remakes et des compilations de la série Last Ninja — preuve de la durabilité de leur création phare.
Atari ST vs C64 : le débat éternel
Last Ninja 2 illustre bien la rivalité entre les machines 8 et 16 bits à la fin des années 80. Sur C64, le jeu avait cette âme particulière liée au SID chip et aux contraintes techniques qui forçaient les développeurs à être créatifs. Sur Atari ST, on gagnait en richesse visuelle et en fluidité, mais certains fans du C64 continuaient de jurer par la version d’origine. L’Amiga offrait une expérience similaire à la version ST.
En 1992, sortir une version Atari ST de Last Ninja 2 était presque nostalgique — la machine était en déclin commercial. Mais les joueurs qui sont restés fidèles au ST ont eu droit à une excellente version d’un jeu classique.
Pourquoi y rejouer aujourd’hui ?
Last Ninja 2 reste un jeu difficile, exigeant, parfois frustrant. Et c’est exactement pour ça qu’il mérite votre attention. Dans un monde où les jeux vous expliquent chaque mécanisme avec des tutoriels de vingt minutes, Last Ninja 2 vous jette dans le bain et vous dit de vous débrouiller. C’est rafraîchissant. Via émulation, vous aurez accès à des solutions en ligne si vous bloquez vraiment — mais essayez d’abord par vous-même.
📄 Fiche complète, ROM et solution : Last Ninja 2 sur Atari Greenlog
Conclusion
Last Ninja 2 sur Atari ST, c’est System 3 au sommet de son art. Un jeu qui n’a pas pris une ride dans son design fondamental — difficile, beau, immersif, avec une bande son inoubliable. Si vous ne connaissez pas la série Last Ninja, commencez par le 2 sur ST. Et si vous la connaissez déjà, la chaîne AtariGreenlog a de quoi vous redonner envie de ressortir ce classique de votre bibliothèque virtuelle.
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