Starflight. Ce jeu a changé ma vision de ce que pouvait être un jeu vidéo. Je l’ai découvert sur Atari ST vers 1990, porté par la réputation de monstre sacré qu’il avait acquis sur PC. Et effectivement — Starflight n’est pas un jeu. C’est un univers. Des centaines de systèmes stellaires à explorer, des races aliens à rencontrer, une intrigue galactique à démêler… tout ça sur quelques disquettes. J’y ai passé des semaines. Des mois, peut-être.
Starflight : le monde ouvert spatial avant l’heure
Starflight est un RPG d’exploration spatiale en monde ouvert — un concept révolutionnaire pour 1986, date de sa sortie originale sur PC (la version ST est de 1989). Vous assemblez un équipage, équipez un vaisseau spatial, et vous voilà lancé dans un univers de 800 systèmes stellaires à explorer. Chaque système peut contenir des planètes à atterrir, des ressources à miner, des artefacts à collecter, et surtout des espèces aliens à rencontrer.
Les interactions avec les aliens sont le cœur du jeu. Il y a plusieurs races — les Melnorme commerçants, les Thraddash guerriers, les Elowan végétaux — chacune avec sa propre langue, sa propre philosophie, ses propres relations avec les autres races. Apprendre à communiquer avec chacune d’elles est un puzzle en soi, et ces interactions révèlent progressivement une intrigue profonde sur la nature de l’univers et les mystères des « anciens ».
La gestion de vaisseau est aussi une dimension importante — améliorer les moteurs, l’armement, les boucliers, gérer les réserves de carburant lors des longues traversées interstellaires. C’est un jeu qui demande de l’investissement, de la patience, et de la curiosité. Pas pour tout le monde, mais pour ceux que ça accroche, c’est une expérience unique.
Binary Systems et Electronic Arts : une collaboration visionnaire
Starflight a été développé par Binary Systems, une petite équipe fondée par Greg Johnson et Bob Muchnick (entre autres). Leur ambition était démesurée pour l’époque : créer un univers de science-fiction interactif aussi riche qu’un roman. Electronic Arts, alors dans sa période créative la plus inventive, a publié et soutenu le projet.
EA des années 80, c’était encore une entreprise qui prenait des risques créatifs remarquables. Leur slogan « Can a computer make you cry ? » reflétait une vision du jeu vidéo comme medium d’expression artistique. Starflight en est un exemple parfait — un jeu qui touche à quelque chose de plus profond que le simple divertissement.
Starflight 2 est sorti en 1989 (la même année que le portage ST du premier épisode), continuant et approfondissant l’univers. Greg Johnson est ensuite parti travailler sur la série ToeJam & Earl chez Sega.
ST vs PC : le portage qui honore l’original
Starflight sur Atari ST est un portage remarquable du jeu PC original. Les graphismes ont été adaptés pour tirer parti des capacités du ST, et l’interface à la souris est particulièrement confortable sur cette machine. Le jeu tourne bien, la navigation est fluide, et l’expérience est complète. Certains diront que la version PC originale a une âme particulière, mais le portage ST est au minimum équivalent en termes de profondeur de contenu.
Pourquoi y rejouer aujourd’hui ?
Starflight est un ancêtre direct de jeux modernes comme Elite Dangerous, No Man’s Sky, ou Mass Effect. Y jouer aujourd’hui, c’est comprendre les racines du RPG spatial ouvert. En émulation, c’est jouable et encore fascinant — surtout si vous aimez la SF et les univers profonds. Prévoyez du temps libre. Beaucoup de temps libre.
Conclusion
Starflight sur Atari ST, c’est une expérience que tout amateur de SF et de RPG se doit de faire au moins une fois. Un monument du jeu vidéo, un pionnier du monde ouvert, une œuvre visionnaire. Electronic Arts et Binary Systems avaient créé quelque chose d’unique. AtariGreenlog vous donne envie d’explorer — alors embarquez, commandant, les étoiles vous attendent.
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