Crawl et robots

Tout ce qu'un site communique à un robot passe par un petit nombre de mécanismes : un fichier texte à la racine, des en-têtes HTTP, des codes de statut et des balises. Leur portée respective est régulièrement surestimée — en particulier celle du fichier robots, à qui on prête des pouvoirs qu'il n'a pas.

Robots.txt #

Fichier texte placé à la racine d'un domaine, indiquant aux robots quelles zones ils ne doivent pas explorer. Standardisé formellement par la RFC 9309 depuis 2022.

Pourquoi

Il protège des ressources coûteuses de l'exploration et évite le gaspillage de budget de crawl sur des zones sans intérêt.

Erreur fréquente

L'utiliser pour désindexer. Il empêche l'exploration, pas l'indexation : une URL bloquée peut apparaître dans les résultats, sans description, si des liens pointent vers elle.

Approfondir : noindex, canonical et robots.txt : le trio de contrôle de l'indexation →

User-agent #

Identifiant qu'un client HTTP transmet pour se déclarer. Chaque robot possède le sien, ce qui permet de lui adresser des règles spécifiques.

Pourquoi

Il permet de différencier les traitements et, côté journaux serveur, de mesurer précisément l'activité réelle de chaque robot sur le site.

Erreur fréquente

Le considérer comme une preuve d'identité. N'importe quel client peut se déclarer sous n'importe quel nom : seule une vérification par résolution DNS inverse authentifie un robot.

Directive Disallow #

Instruction du fichier robots interdisant l'exploration d'un chemin. Les règles se résolvent par correspondance la plus spécifique, et non par ordre d'apparition.

Pourquoi

C'est l'outil de base pour écarter les zones techniques, les résultats de recherche interne ou les espaces privés du champ d'exploration.

Erreur fréquente

Écrire une règle trop large. Un chemin mal délimité peut bloquer des sections entières du site — un incident classique et souvent découvert plusieurs semaines trop tard.

Approfondir : noindex, canonical et robots.txt : le trio de contrôle de l'indexation →

Crawl-delay #

Directive non standard demandant un délai entre deux requêtes d'un robot. Elle ne fait pas partie de la RFC 9309 et Google l'ignore.

Pourquoi

Certains autres robots la respectent, ce qui peut aider à contenir la charge générée par des explorateurs tiers agressifs.

Erreur fréquente

Compter dessus pour réguler Googlebot. Le rythme d'exploration de Google s'ajuste sur les temps de réponse du serveur, jamais sur cette directive.

Code 200 #

Réponse HTTP indiquant que la requête a abouti et que le corps renvoyé est le contenu demandé.

Pourquoi

C'est la réponse attendue pour toute page destinée à être indexée. Toute autre valeur modifie le traitement appliqué par le robot.

Erreur fréquente

Renvoyer un code 200 sur une page d'erreur. Cette « fausse 404 » fait indexer des pages vides, que Google finit par identifier comme un défaut de qualité du site.

Code 301 et 302 #

Codes de redirection. Le 301 déclare un déplacement définitif et transmet les signaux vers la nouvelle URL ; le 302 déclare un déplacement temporaire et conserve l'URL d'origine dans l'index.

Pourquoi

Le choix entre les deux détermine quelle URL Google conserve après une migration ou une réorganisation.

Erreur fréquente

Enchaîner les redirections. Chaque saut consomme du budget d'exploration, et les chaînes longues finissent par ne plus être suivies jusqu'au bout.

Approfondir : Boucle de redirection derrière un reverse proxy : diagnostic et correction →

Code 404 et 410 #

Le 404 signale une ressource introuvable, le 410 une ressource supprimée définitivement. Le second exprime une intention explicite et accélère la sortie de l'index.

Pourquoi

Renvoyer le bon code sur une page supprimée est la façon la plus propre de la retirer de l'index sans redirection artificielle.

Erreur fréquente

Rediriger systématiquement les pages supprimées vers l'accueil. Google traite ces redirections comme des erreurs douces et les ignore, tout en dégradant la lisibilité du site.

Erreur 5xx #

Famille de codes signalant une défaillance du serveur. Face à des erreurs répétées, Google réduit son rythme d'exploration pour ne pas aggraver la situation.

Pourquoi

Un volume significatif d'erreurs serveur corrompt l'ensemble du diagnostic d'indexation : toutes les autres statistiques deviennent ininterprétables.

Erreur fréquente

Analyser les motifs de non-indexation sans avoir d'abord traité les erreurs serveur. L'ordre des priorités n'est pas négociable.

Approfondir : Lire le rapport d'indexation Search Console sans se tromper de diagnostic →

Soft 404 #

Page renvoyant un code de succès alors que son contenu signale une absence : résultat vide, produit retiré, message d'erreur applicatif.

Pourquoi

Google détecte l'incohérence et exclut ces pages, mais elles consomment du budget d'exploration et brouillent les rapports en attendant.

Erreur fréquente

Ne pas les considérer comme un problème parce que le serveur répond correctement. C'est précisément la réponse correcte qui pose problème.

Rendu JavaScript #

Étape supplémentaire durant laquelle Google exécute le JavaScript d'une page pour en obtenir le contenu final. Elle intervient après l'exploration initiale, avec un délai variable.

Pourquoi

Un contenu généré uniquement côté client n'existe pour l'indexation qu'après cette étape, qui n'est ni immédiate ni garantie sur toutes les pages.

Erreur fréquente

Supposer que ce qu'affiche le navigateur est ce que Google voit. L'inspection d'URL dans Search Console montre le rendu réellement obtenu.

Journaux serveur #

Enregistrement de chaque requête reçue par le serveur, incluant le user-agent, l'URL, le code renvoyé et l'horodatage.

Pourquoi

C'est la seule source exhaustive du comportement réel des robots. Search Console n'expose que des échantillons ; les journaux contiennent tout.

Erreur fréquente

Se limiter aux outils SEO pour analyser l'exploration. Sur un site volumineux, ils décrivent une fraction de ce qui se passe réellement.

Approfondir : Indexation Google : crawl, budget de crawl et pages « explorées non indexées » →

IndexNow #

Protocole ouvert permettant de notifier des moteurs de recherche qu'une URL a été créée, modifiée ou supprimée, sans attendre leur passage.

Pourquoi

Il réduit le délai de prise en compte sur les moteurs qui le prennent en charge, notamment Bing et Yandex.

Erreur fréquente

Attendre un effet côté Google, qui ne l'utilise pas. Le protocole reste utile, mais pas pour le moteur qui concentre l'essentiel du trafic francophone.

Exploration adaptative #

Mécanisme par lequel Google ajuste automatiquement son rythme d'exploration en fonction des temps de réponse observés et de la fraîcheur du contenu.

Pourquoi

Il explique pourquoi améliorer les performances serveur augmente mécaniquement le volume exploré, sans aucune intervention SEO.

Erreur fréquente

Chercher à forcer le rythme par des réglages. Le levier réel est la rapidité et la stabilité du serveur, pas un paramètre à modifier.

Approfondir : Indexation Google : crawl, budget de crawl et pages « explorées non indexées » →

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